A MEMORY IS FAR AND SUMMER IS GONNA BE OVER SOON

Ce souvenir est lointain et déjà l’été s’achève.

Beaucoup déplorent la déprime hivernale, mais c’est l’été qui a le don de m’achever. Au collège, je me rappelle les railleries sur les « pauvres qui n’ont pas d’argent et qui ne partent pas en vacances », j’en étais. Chaque rentrée, quelqu’un avait son histoire d’amour estivale à raconter, je n’en n’ai jamais eue. Un jour chaud d’Août, le téléphone a sonné pour m’annoncer que quelqu’un, quelqu’un de jeune et plein de fougue avait sauté du douzième étage. Annie Ernaux a écrit que les étés sont grandioses jusqu’à nos vingt-cinq ans, mon vingt-cinquième été, je l’ai passé dans une chambre médicalisée, sous traitement anti-dépresseurs lourd. L’été est apparemment une période si intense que l’on ne peut réellement capturer ses couleurs, c’est pourquoi le noir et blanc. L’été est une chanson de Зоопа́рк, ma chanson préférée, elle dit qu’une comète va nous écraser mais qu’il faut l’accepter. L’été est une angoisse avec laquelle j’essaye de concilier.